L’ange filait dans la nuit noire a une vitesse extraordinaire. Ses cheveux étaient plaqués en arrière, son beau visage était tordu en une grimace de souffrance, et de ses yeux noirs coulaient un torrent de larmes, non pas de tristesse, mais le vent qui le frappait en pleine figure avec une force inimaginable était très désagréable. N’importe quelle créature, humain, ange, elfe ou sirène, aurait eu la peau du visage écorchée, voir arrachée par la vitesse. Mais il n’entrait dans aucune de ces catégories… Mais malgré sa constitution presque indestructible, ses ailes ne faisaient pas vraiment partie de lui, et n’étaient pas faites pour supporter un telle friction… Les muscles de son dos le tirait douloureusement, et il sentait qu’il devrait bientôt ralentir le rythme pour laisser la magie réparatrice faire son effet. Une fois de plus, il devrait rester en suspens, en battant a peine des ailes, a des centaines de kilomètres du sol. Pourquoi la régénération ne pouvait s’effectuer que lorsqu’il était presque immobile ? Il n’avait pas le contrôle sur ce pouvoir, néanmoins fort utile, qui lui avait sauvé la vie a maintes reprises, bien qu’il n’en conservait aucun souvenirs.
Bientôt neuf jours qu’il volait a ce rythme, se régénérant environ toutes les huit heures, sans s’alimenter ni dormir. Il se savait solide et pouvait rester bien plus longtemps dans cette situation, mais uniquement quand il était a terre, le fait de voler n'étant pas une chose naturelle chez lui et lui demandait beaucoup de forces. Il n’apercevait toujours pas la légendaire cité des anges. Il commençait a douter de son existence. Pourtant, elle existait belle et bien. Des textes anciens en témoignaient, et de longs calculs qu’il avait effectué a terre, en se basant sur les rares écrits qu’il avait pu trouver, lui avait permit de trouver sa position dans le ciel.
Normalement, il lui restait un jour de voyage, mais Abessania aurait du être visible depuis bien longtemps. Il s’inquiétait sérieusement, et commençait a douter. Peut-être qu’il fallait être réellement un ange pour pouvoir la voir. Il avait au début de son voyage choisi d’ignorer cette croyance, pensant que c’était juste une question d’ailes, aucun être excepté les anges étant capable de voler.
Il continua a voler, résistant a la tentation de céder au désespoir et d’arrêter de battre des ailes, pour simplement tomber, que ce trajet d’un ennui mortel s’arrête… Heureusement, quelques heures après, Localya était en vue. Il apercevait les hautes tours noires et majestueuses du château ! Twilight cru que son cœur allait exploser tant il était heureux ! Enfin… Il allait pouvoir s’arrêter ! Et si il y avait des réponses a ce qu’il cherchait, c’était à Localya qu’il les trouverait. Des sirènes lui aurait greffé une queue de poisson, pas des ailes !
Les jardins, calmes, vides à cette heure, s’étalaient devant ses yeux. L’herbe délicieusement verte, sans fleur, sobre mais élégante. Elle s’étalait a perte de vue, et en arrière plan, on apercevait le magnifique château du roi. Il ralentit et se posa avec lourdeur près d’un grand arbre. Enfin s’écrasa était le mot juste… Il avait arrêté de battre des ailes a cinq mètres du sol, et avait fait un chute oblique, légèrement entraîné par sa vitesse, et était atterri en arrachant une longue traînée d’herbe. Il se releva couvert de brins d’herbe, et sourit en apercevant ce qu’il avait fait. Il s’éloigna prudemment, veillant a ne pas être aperçut.
En marchant, il passa devant une petite clairière entourée de hais, avec une petite fontaine au milieu. Le clapotis régulier de l’eau avait quelque chose de rassurant, et se sentant bien, il décida de s’arrêter là. Il se coucha sur le ventre, étendant ses ailes sur toute leur longueur. L’onde régénératrice commença a le parcourir… Chaque fois, c’était un plaisir de sentir son corps retrouver sa vigueur.
Après que la régénération eut prit fin, il alla a la fontaine, enleva ses vêtements fraîchement acquis juste avant le voyage, et les lava. Il en profita pour laver son corps musclé de toute la poussière du voyage, peu présente car l’air était peu pollué. Il se lavait surtout pour sentir la caresse de l’eau contre sa peau. Il renfila juste son pantalon, il voulait rester torse nu car l’air était chaud, et le contact de sa peau et de l’herbe le rafraîchirait. Il se passa une main dans les cheveux pour les égoutter et avoir l’air un minimum présentable si quelqu’un venait. Il miniaturisa ses ailes jusqu'à ce qu’elles soient invisibles, et se coucha sur le dos. Il ferma les yeux et sentit le sommeil venir. Se sachant en sécurité, il le laissa l’emporter complètement.
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